Exposition Photographique à Forest : Allende dans l’Histoire

Malgré le fait que j’étais cloîtré chez moi depuis maintenant quelques semaines pour cause de maladie saisonnière (examens de seconde session), je n’ai pu m’empêcher de débloquer quelques heures ce mercredi 2 septembre pour assister au vernissage de l’exposition photographique “Allende dans l’Histoire”, à la Maison Communale de Forest, à Bruxelles.
Il s’agit de l’exposition d’une cinquantaine de photos inédites du Président chilien Salvador Allende Gossen, premier Président socialiste élu démocratiquement au Chili en 1970. Le Président Allende n’ira jamais jusqu’au bout de son mandat, puisqu’un coup d’Etat militaire mené par le Général Pinochet, sous les auspices de la CIA, le 11 septembre 1973, mit fin au gouvernement Allende et à la Démocratie au Chili. Le Palais présidentiel, bombardé par la Force Aérienne et attaqué de toutes parts par les tanks et l’infanterie, fut le tombeau du Président qui préféra se donner la mort plutôt que de tomber aux mains du fascisme de Pinochet.
Les photos exposées à Forest, sont l’oeuvre d’anonymes, parfois, et de Naul Ojeda, souvent.
Naul Ojeda était un photoreporter qui a fui l’Uruguay, où sévissait une dictature sanguinaire, pour venir se réfugier au Chili qui était alors le seul pays d’Amérique Latine n’ayant jamais fait l’amère expérience du despotisme, depuis son indépendance. Ojeda a ainsi pu exercer son métier et a couvert la campagne électorale du candidat Allende aux présidentielles. Par la suite, il continua à suivre l’évolution du pays à travers l’oeilleton de son reflex pour devenir un témoin privilégié de l’histoire de l’Unité Populaire au Chili, et ce, jusqu’au funeste jour où les espoirs de toute une nation s’écroulèrent et furent piétinés par les hordes fascistes du Général Pinochet.
Les photographies en noir et blanc témoignent ainsi des débuts de Salvador Allende en politique, dans les années 1930, jusqu’au coup d’Etat militaire en 1973.
Cette exposition fut organisée par l’asbl “Amicale Belgo-Chilienne”, composée essentiellement d’ex-prisonniers politiques chiliens exilés en Belgique, sous les auspices de la Commune de Forest, avec le soutien tout particulier de Madame la Bourgmestre Magda De Galan qui fit un discours assez poignant sur ces années 1970-80 où la Belgique fut l’un des principaux pays européens à se porter volontaire pour accueillir les dissidents chiliens persécutés par la dictature Pinochetiste.
Après avoir parcouru les 50 photos de l’exposition, avoir écouté les discours, photographié l’évènement et avoir partagé un verre de l’amitié avec le comité restreint des premiers visiteurs de l’exposition, il fut temps de rentrer chez moi pour continuer à étudier…
Dans le train qui me ramenait à la maison, je continuais à penser à l’exposition… je me suis alors rendu compte que ces photographies rarissimes étaient les témoins de l’histoire d’une démocratie qui n’aurait jamais cru sombrer dans la dictature jusqu’aux jours sombres d’un mois de septembre de 1973 ; ces photos nous rappelent ainsi que les Démocraties doivent être défendues, qu’elles ne sont pas éternelles et que nous devons en tant que citoyens rester vigilants quand certains partis aux idéologies nauséabondes ressurgissent lors des campagnes électorales de notre pays.
Combien de fois n’ai-je pas entendu : “faut pas s’en faire, on est en démocratie ici!”. Certes… mais les chiliens du début de 1970 ne pensaient pas non plus qu’un jour leur Parlement serait dissout et la loi martiale instaurée.
Je vous invite donc à aller voir cette exposition, tant pour la qualité photographique, que pour la valeur historique de ses clichés. L’expo peut être visitée gratuitement et est accessible pendant les heures d’ouverture de la Maison Communale de Forest, rue du Curé n°2 à 1190 Forest (qui l’eût cru). L’expo quittera ces lieux le 10 septembre 2009, veille du triste anniversaire du coup d’Etat.
Je finirai cet article avec la pensée du philosophe George Santayana (1863-1952) qui disait : “Ceux qui oublient le passé sont condamnés à le répéter”. Tâchons donc de ne pas oublier ce passé, surtout quand il est synonyme de douleurs et de larmes…
Amen.
Plus sérieusement, pfffffff t’aurais pu’ m’appeler, andouille ! Sais pas quand pourrai y aller vu que j’bosse jusqu’au 15 >_<.
T'as pris des photos des photos ?
Je te fournis une solution alternative par MP ^^