
Raaah! Une petite semaine de vacances post session de janvier… après un mois et demi de blocus et d’examens à la chaîne, nous sommes enfin libre de faire ce que bon nous semble et ce n’est pas trop tôt !
Alors pour ma première journée d’étudiant libre comme l’air, je me suis rendu samedi dernier à Bruxelles, pas très loin du Cinquantenaire à Etterbeek, pour assister à un double petit évènement : d’une part, la célébration de la fondation officielle de l’asbl « Amicale Belgo-Chilienne » dont j’avais déjà relaté une activité il y a quelques mois, et d’autre part la présentation du livre « Retornado del Infierno » (« Retourné de l’Enfer »), écrit en espagnol par José Larrocha, un Chilien exilé en Belgique. Ce livre relate son calvaire dans les camps de concentration de la dictature de Pinochet au Chili, ainsi que la vie des prisonniers politiques en général dans les geôles de ces années noires que le Chili a vu défiler entre 1973 et le début des années 80…
Connaissant l’auteur, je me suis dit que je lui devais bien quelques prises de vues en cet évènement si important pour lui…
*
Ainsi donc, je me suis rendu au foyer culturel d’Etterbeek où se déroulait ledit évènement. Bien entendu, comme tout évènement latino, ce dernier a commencé à 20h00, avec 30 minutes de retard
Néanmoins, dès le départ le ton est donné : l’hymne national chilien résonne dans la salle et les 3/4 des participants se lèvent à l’unisson pour chanter l’hymne de leur pays d’origine, car force est de constater que la majeure partie de l’auditoire est composé de Chiliens exilés en Belgique… un biais qui, à mon humble avis, à tout lieu d’être corrigé à l’avenir !
Tout de suite après cette introduction bizarroïde – du moins pour tout Belge qui se respecte et qui ne chante la Brabançonne qu’une fois tous les 5000 ans (encore faut-il qu’il ne confonde pas la Brabançonne avec la Marseillaise comme un certain Premier Ministre déchu -_-) – la présidente de l’asbl prend le micro pour expliquer les objectifs de l’Amicale qui fête ainsi sa création officielle : le but est d’organiser des évènements culturels et de promouvoir les arts, les échanges d’idées, et ce, entre la communauté chilienne et le reste de la société belge.
Ainsi, pour bien commencer, la présidente explique que l’activité culturelle du jour sera sensiblement modifiée par rapport à ce que prévoyait le programme, puisqu’elle sera finalement quadruple ! En effet, ce sont 4 arts qui seront mis en avant ce soir-là : les arts plastiques, avec 3 tableaux réalisés par une artiste peintre chilienne du nom de Brenda Matter ; la musique, avec un chanteur/guitariste du groupe « Crystal », groupe de musique folklorique latino-américaine ; la poésie, avec un poème du poète José Ponce, une ode à la femme comme on ne peut en écrire que dans la langue de Cervantès ^_^ ; et au final, la littérature, avec la présentation du livre dont je parlais supra, qui fut suivie d’une séance de dédicaces et d’un verre de l’amitié.
Une soirée sympathique en somme, mais avec une certaine valeur ajoutée… car au lieu de n’être qu’une simple séance de dédicaces et de réjouissances culturelles, cette soirée s’est transformée en soirée de solidarité entre les membres de la communauté chilienne et les victimes du tremblement de terre Haïtien. En effet, l’écrivain José Larrocha, après la présentation de son livre, a déclaré que tous les exemplaires disponibles allaient être vendus tout le long de la soirée à un prix libre, que chacun fixerait selon ses moyens, et que ces fonds ainsi récoltés seraient destinés à financer la mission de la Croix-Rouge dans ce pays ravagé qu’est Haïti.
Ce choix s’explique aisément, au-delà même des idéaux philosophiques de l’auteur, par le fait qu’au Chili les tremblements de terre et ses ravages font partie de la vie courante et que tout Chilien natif a souffert dans sa chair de ces cataclysmes impitoyables et qu’il est impossible de ne pas partager la douleur d’un peuple confronté à cette terrible épreuve, d’autant plus quand il est déjà dans une situation précaire qui l’empêche d’adopter des mesures préventives face à ce phénomène naturel…
Ainsi, en bout de soirée, après la fête, la dégustation de mets traditionnels et les échanges d’idées, la majeure partie des livres étaient partis, permettant la récolte de quelques centaines d’euros… modeste présent, mais cette petite pierre se rajoutant aux autres, il y a lieu d’espérer que les conditions de vie des Haïtiens s’améliorent peu à peu.
José Larrocha, dont je vous raconterai peut-être un jour le parcours tumultueux, n’a pas pour but de faire de l’argent avec ce livre. Malgré sa maigre pension, il ne recherche nullement le lucre… ce qui l’anime est le désir de ne pas voir sombrer dans l’oubli cette obscure partie de l’histoire chilienne qui a rivalisé d’horreur durant tout le joug de Pinochet. On pourrait difficilement croire que pareille histoire puisse s’oublier, mais le temps efface tout et de plus en plus de Chiliens au pays cherchent à occulter ou minimiser ce qui s’est passé… la meilleure preuve en est le résultat des dernières élections présidentielles (le 17 janvier dernier) : Piñera en est sorti vainqueur, alors que c’est un Pinochetiste convaincu et qui ne voit pas l’œuvre de l’ex-dictateur comme étant quelque chose de si mauvais…
Je ne crains que Karl Marx ait vu juste avec sa phrase célèbre : « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre »… J’espère uniquement que le Chili ne l’oubliera pas et que le livre de Larrocha aidera un peu à ne pas oublier.
Pour poursuivre l’esprit de la soirée que j’ai passée samedi, je laisse à disposition de tous, l’ouvrage « Retornado del Infierno » en format pdf (ce livre n’existe encore qu’en espagnol, et la version que je vous communique est une version qui varie un brin de la version finale, mais c’est la seule dont disposait l’auteur sur lui), tout en vous invitant à faire un don pour les victimes d’Haïti ; soit à la Croix-Rouge, soit à Médecins Sans Frontières ; soit à l’Unicef ; soit à une quelconque association dont vous êtes certains que les fonds serviront à quelque chose quelque part là où des humains souffrent.
Je partage avec vous quelques photos de l’évènement et si vous cliquez sur l’option « Afficher les infos », vous pourrez bénéficier d’une petite légende accompagnatrice.
Alors voilà. J’espère que vous agirez et que ceux qui savent lire l’espagnol trouveront la lecture enrichissante (dès qu’il y a une version française j’éditerai ce billet
).
A très bientôt au travers d’un prochain petit billet

Photo d’illustration : Dietmar Temps aka Hiro008
Bonjour à tous!
Je fais de nouveau une incartade dans ma session d’examens pour vous parler d’un projet humanitaire qu’organise une amie (avec des copines à elle) avec qui j’ai souffert sur les bancs de la haute-école de Droit où j’étudiais avant de débarquer à l’université.
Le Projet s’appelle T.A.K.E. 2010, pour Take Action for Kids in Ethiopia! Ce projet a pour but d’apporter un soutien logistique et financier aux orphelinats, aux écoles et aux centres de soins qui en ont grand besoin en Ethiopie, lors d’un voyage qui débutera dans 6 mois.
Il ne s’agit pas là d’une opération lancée par une grosse ONG, ou par un quelconque gouvernement, c’est l’action de 3 filles : Alexandra, Estelle et Coralie, qui payent elles-mêmes les frais inhérents à leur personne, mais qui vont apporter tout ce qu’elles peuvent aux populations locales et plus particulièrement aux enfants du pays, grâce à leurs dons et ceux que vous avez la possibilité de leur communiquer.
Je vous invite à visiter le blog qu’elles ont lancé afin d’expliquer leur action. Faites-le tourner, car comme tout blogueur le sait, le lancement d’un blog se perd souvent longtemps dans le blizzard des blogs mondiaux.
N’hésitez pas à participer, je connais Alexandra, l’une des filles qui organisent cette opération, et vous pouvez traiter en toute confiance avec elle et ses amies. D’autant plus qu’elle est, je l’imagine, très concernée par la réussite de cette expédition, vu qu’une bonne partie de ses origines se trouve là-bas en Ethiopie… Alors visitez le site de T.A.K.E. 2010! Lisez les informations mises à votre disposition et faites tourner l’info pour qu’un maximum de personnes ( parmi lesquels, vous! qui me lisez
) puisse participer et envoyer des dons pour les enfants d’Ethiopie.
Là où cette action est la plus intéressante, c’est que, contrairement aux dons qu’on peut faire aux ONG et autres institutions, on sait exactement où va l’argent et on pourra voir une fois l’action lancée, les conséquences concrètes de nos dons, puisque les filles vont publier sur leur blog, au fur et à mesure de leur parcours, l’illustration photographique de l’action concrète faite grâce aux dons!
Je leur souhaite bon vent et j’espère pour T.A.K.E. que la crise économique n’aura pas bon dos pour s’exonérer d’un don aussi minime soit-il. Personnellement j’ai encore la foi en l’Humain
Good Luck and may the Force be with You!

Photo d’illustration : David Martin aka SalaBoli
Cela fait maintenant quelques mois que je n’ai plus rien écrit… la pratique de la publication sur blog, pour peu qu’on prenne ça au sérieux, demande énormément de temps, ne serait-ce que pour la recherche documentaire…Par ailleurs, les études additionnées à mes petits boulots, font que Cronos ne cesse de dévorer ses enfants et ne me laisse plus l’occasion de m’exprimer comme je le voudrais.
Néanmoins, je sors aujourd’hui de mon mutisme pour une raison qui personnellement me choque beaucoup… qui me pousse à faire un break dans ma lutte en plein milieu du champ de bataille des examens de janvier.
Ce dont je viens vous parler aujourd’hui est un mal que je perçois de plus en plus tout autour de moi : le comportement fasciste et délateur de certains de nos citoyens et fonctionnaires du Royaume de Belgique. Fascistes…n’ayons pas peur des mots!
Autant vous le dire tout de suite, la suite du billet n’est pas une rédaction de conclusions juridiques théorisées et chiffrées, mais juste un coup de gueule…
Aujourd’hui, dans l’asbl où bosse mon père depuis maintenant plus d’un quart de siècle, 3 hommes en civil débarquent dans l’immeuble… ne se signalent pas… poussent la porte d’un bureau… puis celle d’un autre bureau… avant de s’orienter aisément pour accéder à la salle des montages vidéo (l’asbl est axée sur la production audiovisuelle) ; l’immeuble est tortueux et il est difficile de trouver une salle si on ne sait pas exactement où elle est…pourtant ils se sont rendu presque directement là où ils devaient… Ils débarquent en plein milieu de la réalisation d’un montage vidéo et sans dire bonjour, ni s’identifier, s’approchent d’une dame et lui demandent : « Madame X »?
Madame X leur confirme qu’il s’agit bien d’elle ; – « Inspection du travail! Vos papiers d’identité! »
Madame X comprend qu’ils ne sont pas là pour rigoler et essaye de s’expliquer avec eux. Ils ne veulent rien entendre et s’apprêtent à l’emmener manu militari au poste de police…
Son crime? Madame X, qui travaille depuis bientôt 1 an dans cette asbl à faire du montage vidéo virtuel, qui a un contrat de travail en règle, qui paie ses cotisations sociales comme presque tout le monde, hé bien cette madame a commis l’irréparable : son visa a expiré il y a plus d’1 mois. Elle respire donc un air qu’elle n’a pas le droit de respirer, elle touche un sol qu’elle n’a pas le droit d’effleurer, elle exerce un travail qu’elle n’a pas le droit d’exercer et paye des impôts qu’elle n’a pas le droit de payer.
J’imagine que dans la tête de Madame X, qui jusqu’il y a quelques secondes n’était que la gentille madame qui montait des vidéos, mille pensées doivent fuser dans son esprit : qui sont exactement ces gens qui ne se présentent que sommairement et qui débarquent dans une enceinte privée comme à la « belle » époque de Vichy ? M’emmènent-ils vraiment au commissariat? Vais-je aller dans un centre fermé? Si oui, lequel? Le terrible 127bis de Stenokerzeel? Votel? Vais-je pouvoir prendre des affaires? Mon appartement? Qui va s’en occuper? Mes amis? Mes collègues? Les projets sur lesquels je planche au travail? Qui va les reprendre?
J’essaye de me mettre à sa place et les questions pullulent, alors que les réponses ne viennent pas… Madame X est sûrement perdue dans ses pensées alors qu’on la tire fermement par le bras pour l’emmener devant les yeux ébahis de ses collègues qui ne comprennent, pas plus qu’elle, ce qui se passe en plein milieu de leur salle de travail…
Au même moment, le Boss de l’asbl est alors informé que des individus ont pénétré dans l’enceinte du bâtiment et ne sont pas là pour signer un contrat de production audiovisuelle, mais pour venir embarquer l’un des éléments indispensables d’une chaîne de production vidéo : une monteuse…
Heureusement, le Boss est un ancien avocat… du bagout il en a… seulement les 3 cerbères ne sont pas du genre à négocier facilement… ils ont le pouvoir d’emmener quelqu’un en pénétrant dans une propriété privée, ils ont le pouvoir de changer le cours d’une destinée, mais ils n’ont pas le pouvoir de négocier… Malgré tout, le Boss s’enferme avec eux dans un bureau pour parler et essayer avant tout d’établir quel est exactement le problème et par ailleurs comment le résoudre…
Les pourparlers ne me sont pas connus… mais le résultat est là : les trois sbires sont partis sans leur proie, par contre le contrat de travail de Madame X est devenu caduc dès qu’on a bien dû constater sa situation d’illégale. Madame X a du quitter son poste et une fois la porte principale du hall passée, sa silhouette a disparu… la reverra-t-on un jour? Pas sûr… Car elle se sait maintenant traquée par les services de l’immigration et devra se cacher si elle ne veut pas être « capturée » pour être mise dans une prison qui ne dit pas son nom. Elle va sûrement devoir quitter son appartement et laisser ses affaires où elle peut… Par ailleurs, maintenant qu’elle n’a plus d’emploi elle pourra difficilement payer le loyer de son appart’…
Un beau gâchis… une asbl perd une de ses chevilles ouvrières, une femme perd son job, son appart et sa tranquillité… tout ça pourquoi? Parce qu’elle lui manquait un bout de carton avec un vague logo certifiant que si elle est là où elle est, ce n’est pas parce qu’elle a commis l’honteuse infraction d’avoir traversé une frontière…
Ceci m’amène à vouloir vous faire réfléchir sur la politique d’immigration et la législation en matière de droit des étrangers… car à mon sens il faut bien avoir en tête que la Loi est une chose et que la Justice en est une autre! C’est pourquoi je l’écris en toutes lettres à l’intention de ceux qui me lisent : quand une Loi est injuste, y désobéir est un devoir! Car rien ne m’horripile plus que des affaires Semira Adamou, que des récits comme ceux de la petite Tabitha, gamine de 5 ans qui a été maintenue pendant des mois, seule, sans ses parents, au centre fermé 127 de Melsbroek.
Je me demande comment ça se passe à l’Office des Etrangers… comment décide-t-on de qui va pouvoir rester et bénéficier du bien-être de notre société, et de qui va devoir être traqué pour être expulsé comme un animal en cage pour être livré à son sort dans son pays d’origine? Comment fait-on le tri? Certains me diront peut-être qu’on ne peut expulser des sans-papiers vers un pays où ils risquent de se faire massacrer en guise de bienvenue…c’est totalement faux!!! La semaine dernière encore…dans le pays qui a vu naître le concept de Droits de l’Homme, 9 Afghans ont été expulsés de France pour retourner en Afghanistan…où bien sûr il fait bon vivre et où on ne risque pas un seul instant son intégrité physique comme chacun le sait!
D’ailleurs en décembre dernier, en France, les ministres se congratulaient entre eux, parce qu’on a réussi à surpasser les objectifs d’expulsions : 29000 personnes éjectées ! Bieeeeen ! Belle performance les gars ! Vous avez de quoi être fiers !
Mais le pire dans tout ça – et je reviens alors à mon récit initial – c’est que dans le fond… il ne pourrait pas y avoir de rafles de sans-papiers si personne ne venait les dénoncer…
Car comme je le disais, aujourd’hui, les 3 gugus qui venaient chercher Madame X, savaient très bien où chercher… ils connaissaient plus ou moins bien la localisation du bureau, alors qu’il n’y a aucun panneau indicatif. Ils avaient un nom, un prénom, une adresse… comment cela se fait-il ?
La délation est derrière la grande majorité des arrestations de sans-papiers…C’est pourquoi j’en appelle à votre conscience. Parlez-en autour de vous, à vos amis, partagez votre vision des choses, vos idées sur ce sujet qu’on essaye de cacher sous la table d’un coup de pied discret. Car ça se passe près de chez nous, sous notre nez ! Et des gens prennent en plus un malin plaisir à dénoncer des gens sans-papiers qui essayent juste de gagner leur croûte comme tout le monde.
Certains me diront encore : « Mais pote ! On ne peut pas accueillir toute la misère du Monde ! »
Non, c’est vrai, mais pour compléter cette phrase tronquée de Michel Rocard, qu’on lance à tout bout de champ sans arrêt sans citer la suite : « On ne peut accueillir toute la misère du monde, mais il faut savoir en prendre fidèlement sa part ! »

Hello World!
Je sais que je stagne avec mes articles, mais le triptyque de l’écologie meurtrière est en attente de certaines réponses de l’OMS. Vu le souk actuel avec le H1N1 et autres chimères terrifiantes, je ne sais pas si on me répondra un jour. Soit. Si ça prend trop de temps, je ferai sans.
Par ailleurs, le début d’année a commencé sur les chapeaux de roue à la Fac, alors les prises de marque, les formalités et autres éléments qui dévorent le temps, font que je sois un peu lambin avec le blog.
En attendant que la tempête de sable se passe, je vais sortir des articles sur d’autres sujets… mais restez à l’écoute… le triptyque se peaufine.

Photo d’illustration : Michael Macor
Le premier volet du triptyque de l’écologie meurtrière portera sur un sujet écologique d’actualité dont on parle beaucoup : les biocarburants.
THE combustible écolo! 0% d’émission de gaz à effet de serre! Tous les véhicules vont enfin être alimentés à l’aide d’un carburant vert. Les industriels l’appellent biocarburants, les écologistes préfèrent le terme d’agrocarburant.
Il s’agit bien là d’une superbe idée, fondée sur les meilleures intentions du monde, mais conceptualisée et mise en place de façon égoïste, sans penser aux nombreux individus qui vont se voir sacrifiés sur l’autel de la protection de l’environnement. Comment? Vous allez voir…
Qu’est-ce que le biocarburant ?
Le terme de biocarburant est un terme générique qui désigne un combustible créé à partir de matière organique. Les biocarburants actuellement utilisés sont dits de « 1ère génération » ; deux autres générations existent, mais ne sont encore qu’au stade expérimental (Cf. infra).
Cette 1ère génération de biocarburants se compose de deux filières : la filière « huile » qui produit le biodiesel (ayant pour base le colza, le tournesol, le palmier à huile, etc.) et la filière « alcool » qui produit le bioéthanol (ayant pour base le maïs, le blé, la betterave, la canne à sucre, etc.).
L’avantage des biocarburants? Le véhicule, au moteur adapté à ce type de carburant, ne rejette dans l’atmosphère aucun gaz à effet de serre qui participerait au réchauffement climatique. Ainsi, les mouvements écologistes se sont rués sur la défense de ce moyen technique capable de remplacer les énergies fossiles que sont le pétrole ou le gaz naturel, ces grands ennemis des défenseurs de la nature. C’est pour cette raison, que la grande majorité des partis politiques écologistes et autres mouvements associatifs partageant le même idéal, se sont retrouvés à faire pression pour que les Etats se tournent vers cette source d’énergie.
Position du problème
Défendre les biocarburants, tels qu’ils sont conçus aujourd’hui, c’est faire preuve d’un manque d’égard inhumain envers les populations du tiers-monde.
En effet, les biocarburants sont pour la plupart créés à partir de maïs, de colza, de blé ou encore de canne à sucre. Or, ces produits agricoles constituent l’alimentation de base de nombreux pays du tiers-monde. Le système économique étant ce qu’il est, c’est-à-dire une économie de marché basée sur la loi de l’offre et de la demande, si la demande envers un produit s’accroît, mais que l’offre reste identique, le prix s’accroît proportionnellement à cette demande. Dès lors, s’il faut commencer à alimenter d’énormes quantités de véhicules à l’aide de biocarburants, la demande de maïs (par exemple) va s’accroître alors que les surfaces cultivables, elles, ne croissent pas outre mesure.
Alors certes, les biocarburants ne sont pas les seuls responsables de la hausse du prix de ces matières agricoles : la hausse du cours du pétrole, le choix politique de ne plus subsidier ces produits pour libéraliser le marché (ce fut le cas au Mexique concomitamment à l’émergence des biocarburants) et la sécheresse qui a frappé durement ces dernières années les pays producteurs, sont les autres facteurs qui expliquent la hausse. Néanmoins, le besoin exponentiel de biocarburant constitue la cause majeure de la flambée des prix, du fait de notre système d’économie de marché.
Ainsi, à cause de cette demande croissante, le cours du maïs flambe à la vitesse grand V et toutes les populations au pouvoir économique plus que réduit, qui ont pour alimentation de base la farine de maïs, se voient dans l’impossibilité de pouvoir acheter leur nourriture, créant ainsi de véritables débuts de famine !
Ce fut le cas au Mexique où de véritables soulèvements populaires appelés « émeutes de la faim » ont été constatés (et réprimés) en janvier et septembre 2007. Ce fut également le cas, avec la flambée d’autres produits agricoles, au Maroc, en Indonésie, au Pakistan, en Bolivie… Les gens des milieux les plus populaires devant alors se battre pour pouvoir acheter du pain. Tel fut le cas en Egypte, où une mère de 4 enfants est morte dans une bousculade devant une boulangerie pour pouvoir acheter 20 galettes de pain de mauvaise qualité.
Ainsi, les gens des pays producteurs de ces matières agricoles ne mangent plus à leur faim à cause de la sacro-sainte volonté du tout écolo au plus vite! Car le problème est là ! Le mouvement écologiste n’est pas souvent écouté par les instances dirigeantes des pays du monde entier, et plus particulièrement par les gouvernements des pays les plus pollueurs : il y a donc très généralement une modération entre le souhait écologiste et ce qui est fait en pratique, de façon justement à coller le plus possible avec les réalités sociales et économiques des pays. Néanmoins, les idées écologistes parfois les moins abouties s’implantent dans les mentalités du citoyen lambda. Dès lors, de nos jours, si un homme politique veut se faire élire et/ou réélire, il se voit dans l’obligation de démontrer qu’il est pour l’écologie, et ce, à très court terme, car l’électeur ne réfléchit majoritairement qu’à court terme pour son choix de vote. De par ce fait-là, l’initiative de la mise au premier plan des biocarburants a fait l’objet de décisions politiques très fortes dans de nombreux pays occidentaux, poussant ainsi de façon excessive cette méthode pseudo-écologique (Cf. infra) au premier plan des mesures gouvernementales en faveur de l’environnement, créant des « dommages collatéraux » catastrophiques au niveau de la sécurité alimentaire.
Ces dommages s’étant révélés rapidement, un courant non négligeable du mouvement écologiste tira la sonnette d’alarme pour pointer du doigt les méfaits de ces biocarburants. Hélas, s’il est facile de changer de cap dans une ONG ou dans un mouvement associatif, au niveau gouvernemental, pour passer à l’action, ce sont des lois qui doivent être adoptées… mettant en branle un processus d’élaboration des normes qui prend du temps ; et au niveau international, des traités sont signés, des accords de coopérations sont noués… Bref, une fois qu’une orientation est prise au niveau gouvernemental, il est difficile de faire rapidement marche arrière, d’autant plus que les partis écologistes qui veulent souvent être plus papistes que le Pape ne prennent pas toujours en compte les avis d’experts, voire même les membres de leur parti qui ne constituent qu’un courant minoritaire et qui se dressent contre une action gouvernementale pro-écologique. Ainsi, le parti belge « Ecolo », affiche encore sur son site web qu’il est pro biocarburant sans faire la moindre mention à une quelconque modération en vue de respecter les populations du tiers-monde qui sont les principales victimes de ces mesures, à l’exception d’une misérable phrase estimant que « la mission première de l’agriculture doit rester la production alimentaire » (encore heureux) !
Les chiffres
Parmi les décisions gouvernementales les plus marquantes, prises maladroitement pour répondre à la demande citoyenne de plus d’écologie, je prendrai l’exemple de l’ Energy Independence and Security Act , sanctionné par l’ex-Président des Etats-Unis, George W. Bush, en décembre 2007. Cette loi dispose que d’ici à 2022, les producteurs de combustible des Etats-Unis devront produire 100 milliards de litres (36 milliards de galons) de biocarburant pour la consommation nationale, soit plus de 5 fois la production actuelle de biocarburants. Selon le Professeur Mike Gale, expert en génétique des plantes cultivées à l’Université d’East Anglia et conseiller scientifique du CGIAR, « cette loi est une folie, car pareille production de biocarburant nécessite l’usage de 100 millions de tonnes de maïs », ce qui représente plus de 33,67% de la production annuelle mondiale (production annuelle qui s’élève à 297 millions de tonnes pour l’année 2007 selon les statistiques de la FAO). Un tel pourcentage retiré du secteur alimentaire pour les seuls Etats-Unis ne peut être effectivement qualifié que de folie furieuse quand on pense aux populations qui ne se nourrissent que de ce produit agricole, comme au Mexique où le pain des familles modestes est la tortilla ; tortilla qui n’est faite qu’à partir de farine de maïs et d’un peu d’eau.
Pour avoir une idée de l’augmentation des prix, lors de la « crise de la tortilla » au Mexique, le prix de la tortilla a augmenté de 42% à 67% selon un rapport de l’Americas Program .
Plus proche de chez nous, l’Union Européenne ne serait pas en reste. Selon un rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), si on atteint les objectifs de production de biocarburants que l’on s’est fixés : « dans l’U.E., l’utilisation de blé et de céréales secondaires pour la production d’éthanol progresserait de 24 millions de tonnes environ entre 2004 et 2014, ce qui représenterait plus de 9% de l’utilisation totale de céréales projetée. La production d’éthanol demanderait 19 millions de tonnes de plus de betteraves sucrières soit environ 17% de la production projetée de betterave dans l’U.E. La demande d’huile végétale pour la production de biodiesel connaîtrait une hausse encore plus marquée, de 7 millions de tonnes soit 49% de la consommation projetée ». En bref, la production de biocarburants de 1ère génération représente un gouffre à ressources agricoles, qui met en péril la sécurité alimentaire de pays déjà fragilisés sur ce point à la base.
Depuis 2007, la FAO et l’OCDE soulignent la forte implication des biocarburants sur la flambée des prix. Pourtant, les réajustements de tirs se font attendre de la part des gouvernements, seules quelques maigres initiatives sont prises, provoquant le courroux de certains hauts responsables, comme celui de Jean Ziegler, en 2007, devant les Nations Unies, qui avait qualifié les biocarburants de « crime contre l’humanité » .
Réellement un bien pour l’écologie ?
Finalement, si tout le monde investit des millions de dollars, si on se permet d’empiéter sur la survie alimentaire de certains peuples, si on change les données de la production agricole mondiale, c’est bien dans un but principal qui est celui de la sauvegarde l’environnement. Mais est-ce que cet objectif est effectivement atteint avec les biocarburants actuellement utilisés ? Même pas !
Comme le disait Louise Fresco – ex-Directrice générale adjoint de la FAO, professeur à l’Université d’Amsterdam dans le domaine du développement durable à l’échelle internationale et professeur invité de l’Université de Stanford – les mesures prises par les USA et l’U.E. « n’ont pas été basées sur une analyse scientifique correcte. On n’a même pas écouté les scientifiques ; ce qui constitue une très mauvaise base de prise de décision ».
En effet, si les carburants traditionnels ont pour désavantage d’émettre du dioxyde de carbone pendant leur combustion, le biocarburant, lui, est neutre sur le plan du bilan carbone parce que le carbone a préalablement été fixé par les plantes lors de la photosynthèse. Dès lors, théoriquement, le biocarburant devrait éviter de venir rajouter des gaz à effets de serre dans l’atmosphère. Néanmoins, pour évaluer l’avantage du biocarburant dans la lutte contre l’émission de gaz à effets de serre, il y a lieu de calculer l’impact écologique sur l’ensemble de la chaîne de production de ces biocarburants… et là on a un tout autre son de cloche !
En effet, la production de biocarburants, évaluée dans son ensemble, entraîne dans le meilleur des cas une faible réduction des gaz à effet de serre et dans le pire des cas (assez fréquent) une émission de gaz à effets de serre supérieure à celle des énergies fossiles, c’est-à-dire l’inverse de ce qui est souhaité. L’OCDE a été l’une des premières à constater cet état de fait dans son rapport « Biofuels: is the cure worse than the disease? » ; la FAO a pour sa part édité un rapport plus récent et facile d’accès pour tout un chacun : « La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture » .
Pour résumer, les problèmes du biocarburant de 1ère génération se situent sur plusieurs points de la chaîne de production. Comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, je vous mets ce schéma issu du rapport de la FAO susmentionné.

Le point défavorable le plus important est sans aucun doute la phase de réaffectation des terres : comme la demande de biocarburants est croissante, il faut produire plus de produits agricoles ; comme il faut produire plus, on a besoin de plus de terres cultivables. Dès lors, on détourne certaines zones naturelles pour les destiner à la production agricole. Par exemple, des forêts se transforment en champs cultivables… Néanmoins, ce changement de destination n’est pas sans impact sur l’environnement et entraîne des conséquences qui ne seront rentabilisées sur le plan carbone qu’après de nombreuses années de production de biocarburants. Comme le dit le rapport de la FAO : « Lorsque les changements d’affectation des terres sont inclus dans l’analyse, les émissions de gaz à effet de serre pour certaines matières premières et systèmes de production des biocarburants peuvent même dépasser celles des combustibles fossiles. Fargione et al. ont estimé que la conversion des forêts (…) à la production d’éthanol et de biocarburant au Brésil, en Indonésie, en Malaisie ou aux États-Unis d’Amérique engendre des rejets de dioxyde de carbone au moins 17 fois supérieur aux rejets économisés chaque année par le remplacement des combustibles fossiles par les biocarburants. Ils ont montré qu’il faudrait (…) plus de 300 ans pour rembourser (la dette en carbone) si les forêts pluviales amazoniennes sont converties à la production de biocarburant à base de soja et plus de 400 ans si les forêts pluviales et les tourbières tropicales sont converties pour la production de biocarburant à partir de l’huile de palme en Indonésie ou en Malaisie. Righelato et Spracklen (2007) (…) ont trouvé que, dans chaque cas, davantage de carbone serait séquestré sur une période de 30 ans en convertissant les terres cultivées en forêts. Ils estiment que si l’objectif des politiques de soutien aux biocarburants est d’atténuer les effets du réchauffement mondial, l’efficience du combustible et la conservation et la restauration des forêts seraient des alternatives plus efficaces ».
Un autre point très polluant est celui de la production proprement dite. Par exemple, l’utilisation d’engrais peut être terriblement néfaste. Toujours dans le même rapport de la FAO : « certaines cultures peuvent générer davantage de gaz à effet de serre que les combustibles fossiles. Par exemple, le protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement mondial est environ 300 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, est émis par les engrais azotés ».
Qu’en penser au final ?
Tout ceci démontre que l’empressement du tout à l’écologie peut créer non seulement des dégâts collatéraux (avec la crise alimentaire mondiale où le biocarburant joue un rôle non négligeable) mais peut même, dans ce cas précis, aller à l’encontre de l’environnement !
Ce sujet, au-delà de la démonstration de l’irresponsabilité dont peuvent faire preuve les divers mouvements verts, démontre l’importance capitale de chaque citoyen dans cette équation difficile. Car finalement, on a beau dire que les gouvernements ne nous écoutent jamais, cette affirmation est fausse : ne serais-ce que pour des nécessités électorales les gouvernements prêtent une oreille attentive aux desiderata du peuple, pour le meilleur et pour le pire… car si certaines idées arrivent à infuser dans nos cerveaux au travers du matraquage médiatique et que la demande populaire générale est ainsi orientée sur un sujet précis comme celui du biocarburant, le gouvernement est susceptible de fléchir en ce sens, même si ce n’est pas la meilleure solution ; comme le disait Pierre Joliot-Curie (Biologiste, ex-Directeur du CNRS et professeur au Collège de France) récemment dans une interview télévisée, les démarches produisant des résultats visibles à court terme sont toujours privilégiées par les hommes politiques dans nos pays occidentaux, quand bien même des scientifiques de renom hurleraient à l’erreur, quand bien même des courants écologistes minoritaires s’égosilleraient à dire qu’il s’agit d’un non-sens…
Néanmoins, petit à petit, les scientifiques et les pays du tiers-monde au travers de l’ONU, arrivent à faire infléchir cette lancée primitive vers le biocarburant de 1ère génération pour concilier écologie et respect de la vie d’autrui. Ainsi, les biocarburants de 2ème génération sont mis en avant par les scientifiques et entament une timide, mais certaine, évolution dans le paysage du biocarburant.
Cette seconde génération limiterait considérablement l’impact écologique nécessaire à sa production, utilisant pour ingrédient principal la cellulose et produisant ainsi : l’éthanol cellulosique. Cette production, ardemment défendue par Jay Keasling (Professeur en ingénierie chimique et biologique à l’université de Berkeley), serait sensiblement plus verte parce qu’elle est produite à partir de cellulose que l’on peut trouver dans une quantité impressionnante de déchets agricoles habituellement inutilisés, mais également dans le recyclage du papier, ainsi que dans certains arbres à croissance rapide.
Le docteur en microbiologie de l’université technique du Danemark, Birgitte Kiær Ahring, résume bien le problème : « c’est important de faire la différence entre les bons et les mauvais biocarburants. Si vous consacrez d’énormes quantités d’énergies pour produire du biocarburant à partir du maïs, si vous devez utiliser des pesticides, des engrais chimiques et qu’il vous faut des dizaines de milliers de litres d’essence pour faire tourner les machines agricoles, au final vous aurez un résultat quasi nul : vous aurez gaspillé autant d’énergie que vous en aurez produite et l’impact sur la réduction de l’émission des gaz à effet de serre sera très mince. Avec les biocarburants de la seconde génération, nous parvenons à obtenir une réduction de 90% de nos émissions de CO2. Cela fait une solide différence pour la préservation de notre environnement ».
Enfin, les biocarburants de 3ème génération, qui n’existent pour l’heure qu’en laboratoire, constituent également une réponse écologique majeure : la création de carburant à partir d’algues vertes. Souvent considérées comme nuisibles, infestant certaines côtes et asphyxiant parfois l’écosystème marin quand elles se développent dans un milieu n’étant pas naturellement le leur, elles trouveraient une utilité au travers de ces biocarburants de 3ème génération.
Bref, des solutions proposées par la communauté scientifique existent ! Et ces deux nouvelles générations ont l’avantage de ne pas rentrer en concurrence avec l’alimentation humaine ! C’est bien la preuve que l’on peut faire de l’écologie de façon réfléchie… mais cela nécessite du temps et de la réflexion, ce qui manque trop souvent au mouvement écologiste.
Alors en tant que citoyens, soutenez l’écologie, mais soyez critiques par rapport aux propositions et au matraquage médiatique que nous subissons de la part du mouvement écologiste, car parfois les auteurs de belles idées ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs doctrines ; ils sont guidés par l’urgence qui ne laisse que peu de place à une réflexion approfondie.
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La semaine prochaine, la seconde partie du Triptyque de l’écologie meurtrière : l’interdiction du DDT.
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PS : cet article est dédié à la mémoire du professeur Mike Gale, décédé brusquement le 18 juillet 2009, au moment même où je découvrais ses écrits…
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PS2 : les citations de scientifiques proviennent pour la plupart d’un excellent reportage diffusé sur France 2, appelé : « Les prêcheurs de l’apocalypse – quand l’écologie perd la raison ». Une partie se trouve sur dailymotion , et c’est justement celle que j’ai utilisé. Pour l’entièreté, il va falloir chercher…

Photo d’illustration : Bare Soul
Pas un jour ne se passe sans que par l’intermédiaire d’un média Web ou télévisuel, nous ne soyons interpellés sur la question du problème écologique : réchauffement climatique, alimentation biologique, OGM, pollutions en tous genres, etc. tout y passe!
Comme n’importe quelle personne sensée, je me sens concerné par l’écologie puisqu’après tout il s’agit de sauvegarder notre bonne vieille Terre, la Maison de l’Humanité en somme. Néanmoins, je ne peux m’empêcher de porter un regard critique sur le mouvement écologique occidental en général, tel qu’il se développe. Entre un José Bové qui vient couper des plants de maïs transgénique sur un coup de tête, un Nicolas Hulot qui trouve génial de voir des tribus manger de la merde parce que c’est plus « authentique », un Noël Mamère qui se comporte comme un branquignol à l’Assemblée Nationale Française ou notre parti écolo belgo-belge qui râle sur absolument tout, mais ne résout absolument rien… bref, je ne suis pas un écolo béat qui rêve de rouler à vélo tous les matins et de voir les centrales nucléaires disparaître, même si je considère que la question de l’environnement n’est pas un détail et doit être abordé à bras le corps.
Vu que j’échappe donc à ce que j’appelle la mentalité du Happy-Hobbit, je me suis décidé à me pencher sur le sujet du mouvement écologiste de façon critique, quitte à risquer de détériorer mes relations avec certaines personnes, parce qu’il faut bien le dire, de nos jours si vous n’êtes pas pour l’écologie sans concession, vous n’êtes qu’un sale connard de capitaliste tueur de bébés phoques.
Une analyse synthétique, même légère, prendrait plusieurs pages. Dès lors, je vais me concentrer sur trois points clés, répartis sur trois articles, d’où le titre de « Triptyque » de ce petit article d’introduction.
Aussi, sachez-le tout de suite : ces articles seront sans concession, mettront un peu l’église au milieu du village et pointeront du doigt les effets néfastes de l’écologie telle que nous la concevons aujourd’hui avec son implication directe ou indirecte dans la souffrance d’une bonne partie de l’humanité. Cela ne plaira pas à tout le monde, mais ces articles ne seront pas un amas de simples opinions antiécologistes primaires, il s’agira d’une modeste analyse chiffrée et documentée.
Je le dis à l’avance encore une fois, je ne suis pas un sceptique du problème écologique, je suis conscient du danger que court la planète, au moment où j’écris ces quelques mots, si nous continuons à camper sur nos positions actuelles ; je suis également un défenseur des animaux, de la faune et de la flore, tant en idées, qu’en actes (même si je ne m’afficherai jamais avec un badge WWF sur la veste) ; mais je ne suis pas non plus inhumain, ni complètement débile.
Vous vous demandez pourquoi je parle de défaut d’humanité et de débilité pour un mouvement tel que celui de l’écologie? Vous comprendrez pourquoi d’ici peu…
Premier volet du Triptyque dans 4 jours!

Malgré le fait que j’étais cloîtré chez moi depuis maintenant quelques semaines pour cause de maladie saisonnière (examens de seconde session), je n’ai pu m’empêcher de débloquer quelques heures ce mercredi 2 septembre pour assister au vernissage de l’exposition photographique « Allende dans l’Histoire », à la Maison Communale de Forest, à Bruxelles.
Il s’agit de l’exposition d’une cinquantaine de photos inédites du Président chilien Salvador Allende Gossen, premier Président socialiste élu démocratiquement au Chili en 1970. Le Président Allende n’ira jamais jusqu’au bout de son mandat, puisqu’un coup d’Etat militaire mené par le Général Pinochet, sous les auspices de la CIA, le 11 septembre 1973, mit fin au gouvernement Allende et à la Démocratie au Chili. Le Palais présidentiel, bombardé par la Force Aérienne et attaqué de toutes parts par les tanks et l’infanterie, fut le tombeau du Président qui préféra se donner la mort plutôt que de tomber aux mains du fascisme de Pinochet.
Les photos exposées à Forest, sont l’oeuvre d’anonymes, parfois, et de Naul Ojeda, souvent.
Naul Ojeda était un photoreporter qui a fui l’Uruguay, où sévissait une dictature sanguinaire, pour venir se réfugier au Chili qui était alors le seul pays d’Amérique Latine n’ayant jamais fait l’amère expérience du despotisme, depuis son indépendance. Ojeda a ainsi pu exercer son métier et a couvert la campagne électorale du candidat Allende aux présidentielles. Par la suite, il continua à suivre l’évolution du pays à travers l’oeilleton de son reflex pour devenir un témoin privilégié de l’histoire de l’Unité Populaire au Chili, et ce, jusqu’au funeste jour où les espoirs de toute une nation s’écroulèrent et furent piétinés par les hordes fascistes du Général Pinochet.
Les photographies en noir et blanc témoignent ainsi des débuts de Salvador Allende en politique, dans les années 1930, jusqu’au coup d’Etat militaire en 1973.
Cette exposition fut organisée par l’asbl « Amicale Belgo-Chilienne », composée essentiellement d’ex-prisonniers politiques chiliens exilés en Belgique, sous les auspices de la Commune de Forest, avec le soutien tout particulier de Madame la Bourgmestre Magda De Galan qui fit un discours assez poignant sur ces années 1970-80 où la Belgique fut l’un des principaux pays européens à se porter volontaire pour accueillir les dissidents chiliens persécutés par la dictature Pinochetiste.
Après avoir parcouru les 50 photos de l’exposition, avoir écouté les discours, photographié l’évènement et avoir partagé un verre de l’amitié avec le comité restreint des premiers visiteurs de l’exposition, il fut temps de rentrer chez moi pour continuer à étudier…
Dans le train qui me ramenait à la maison, je continuais à penser à l’exposition… je me suis alors rendu compte que ces photographies rarissimes étaient les témoins de l’histoire d’une démocratie qui n’aurait jamais cru sombrer dans la dictature jusqu’aux jours sombres d’un mois de septembre de 1973 ; ces photos nous rappelent ainsi que les Démocraties doivent être défendues, qu’elles ne sont pas éternelles et que nous devons en tant que citoyens rester vigilants quand certains partis aux idéologies nauséabondes ressurgissent lors des campagnes électorales de notre pays.
Combien de fois n’ai-je pas entendu : « faut pas s’en faire, on est en démocratie ici! ». Certes… mais les chiliens du début de 1970 ne pensaient pas non plus qu’un jour leur Parlement serait dissout et la loi martiale instaurée.
Je vous invite donc à aller voir cette exposition, tant pour la qualité photographique, que pour la valeur historique de ses clichés. L’expo peut être visitée gratuitement et est accessible pendant les heures d’ouverture de la Maison Communale de Forest, rue du Curé n°2 à 1190 Forest (qui l’eût cru). L’expo quittera ces lieux le 10 septembre 2009, veille du triste anniversaire du coup d’Etat.
Je finirai cet article avec la pensée du philosophe George Santayana (1863-1952) qui disait : « Ceux qui oublient le passé sont condamnés à le répéter ». Tâchons donc de ne pas oublier ce passé, surtout quand il est synonyme de douleurs et de larmes…

Photo d’illustration : Anonyme [Université de Leeds]
Wouhouuuuuuuuuu!
Ca y est! Les examens de seconde session sont terminés pour moi. Je n’en avais pas beaucoup, mais cela reste tout de même le genre de chose qui vous titille les hémisphères cérébraux en permanence pendant les vacances, au point que ça gâche un petit peu tout.
Chaque année je me fais la même promesse que celle du soûlard qui se prend une gueule de bois monumentale : Plus jamais! Puis au final, on rempile tout de même.
Tout ça pour dire aux quelques visiteurs qui se demandaient pourquoi il n’y avait plus d’activité ou de reportage photo, ben simplement parce que ça prend énormément de temps de pondre quelque chose de convenable et que Temps ne rime absolument pas avec Blocus. Mais les activités reprennent illico! J’ai déserté la Bibliothèque de Droit, rangé mes livres, et les articles que j’avais laissés au frigo depuis quelque temps vont enfin pouvoir prendre leur ancrage sur ce blog.
Merci à tous ceux qui ne désespèrent jamais et qui viennent tout de même régulièrement voir si quelque chose a changé sur le blog ou pas. Le blog avait l’allure d’un cadavre, mais il n’en avait que l’allure, promis juré!

Je lisais il y a quelques instants un article du blog que je consulte absolument tous les jours : Korben.info
Cet article parlait des perturbations importantes qu’ont connu ces dernières heures des sites de réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, Youtube et autres… impossible d’accéder aux comptes, graves ralentissements, données temporairement inaccessibles… la joie quoi.
Korben a alors fait un travail de recompilation des diverses dépêches d’agences de presse et des news dispersées aux quatres coins du web. Quelles conclusions a-t-il pu tirer au regard de toutes ces informations? Hé bien tout simplement que ces perturbations sont dues à une attaque électronique orchestrée depuis la Russie contre un blogueur géorgien répondant au pseudo de Cyxymu.
Et c’est effectivement ce qui ressort des informations qui circulent sur le web; que ces informations proviennent de sources officielles (via des agences réputées comme l’AFP) ou qu’elles proviennent de sources qui le sont moins (sites privés de moins grande ampleur, tels des blogs). Ainsi, il n’y a aucune pierre à jeter à Korben, il a fait un travail de journaliste du web, rien à redire.
Néanmoins, la lecture de cet article m’a laissé un goût plutôt amer et la loupiote de mon esprit critique s’est emballée. En effet, peu après l’article susmentionné, les commentaires fusaient et dans leur grande majorité, ceux-ci révélaient que ce qui restait dans l’esprit de l’internaute était la théorie suivante : le gouvernement russe a fait un deal avec un ou plusieurs hackers, afin de faire taire un géorgien qui critiquait Moscou en lançant une attaque électronique monumentale.
Je ne sais pas pour vous, mais cela me semble un peu tiré par les cheveux. Si vous voulez faire taire quelqu’un, vous ne lancez pas une attaque presque historique contre une personne qui, sans le moindre doute possible, va se retrouver grâce à cela sous le feu des projecteurs. C’est absurde! D’autre part, je ne vois pas ce qu’un blogeur pourrait faire pour constituer une telle menace… ce n’est pas comme si le gouvernement russe était adulé par tous et qu’une voix discordante ferait un peu tache…on est vraiment loin du compte : les 3/4 du web critiquent de façon constante la politique russe, alors un blogueur de plus ou un blogueur de moins… aucun intérêt.
Par contre, au regard de la tension actuelle qu’il y a entre la Géorgie et la Russie, il est indéniable que rajouter un peu d’huile sur le feu est facile et crédible. Alors pourquoi ne pas surfer sur la vague et se faire un peu de publicité? Je ne dis pas qu’il est impossible que Cyxymu soit une victime d’agression électronique. Je ne peux cependant pas m’empêcher de penser « à qui profite le crime? ». A la Russie? Certainement pas. A un blogueur que la blogosphère internationale ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam? Certainement oui.
Alors, comment distinguer le faux du vrai?
Cela m’a amené à une autre réflexion : qu’en est-il de l’instrumentalisation de la libre information du web? Ne vous êtes-vous jamais demandé si les montagnes d’informations qui circulent au travers des fibres optiques comportent des erreurs? Je suis sûr que vous y avez déjà pensé… et vous n’avez pas tort.
Le grave problème de l’information aujourd’hui, c’est qu’il faut être le plus rapide pour publier, le plus rapide pour s’exprimer, afin d’avoir une « exclu-du-web ». Le corollaire de cette propension à la rapidité est le manque de vérification des sources. Or qui nous dit que les sources ne sont pas à côté de leurs pompes, voire même manipulées?
Prenons le cas présent et lançons une hypothèse qui n’a rien d’extravagante : une source à Hong-Kong travaille en fait pour le MI-6 (vous pouvez choisir l’institution selon votre convenance : Mossad, FSB, CIA, GRU, ce que vous voulez…). Il contacte un journaliste en mal de scoop qui craint de se faire virer s’il ne trouve rien de croustillant dans les prochains jours. La source, après maintes hésitations et en faisant croire qu’il a peur de révéler son info, lui lâche finalement un baratin qui tient plus ou moins la route et qui, de façon indirecte, laisse la possibilité de spéculer sur les mauvaises intentions d’un pays avec lequel le gouvernement britannique n’est pas très pote. La source va jusqu’à lui servir sur un plateau des documents qui appuient le baratin. Le journaliste, excité de voir qu’il tient enfin un truc qui va relancer sa carrière, lance l’info pour l’agence avec laquelle il travaille. Quelques minutes plus tard (j’ai bien dit des minutes), l’AFP (Agence France Presse) lance une dépêche qui est lue par tous les journalistes francophones du monde et quelques internautes qui suivent ce flot AFP incessant (allez sur la page d’accueil du journal Le Monde et vous verrez les dépêches défiler). Automatiquement, journalistes en salle de rédaction, blogueurs devant leur écran commencent à pondre des articles et diffuser l’info. Ce ne sont alors que quelques articles dans un océan d’informations… Mais si l’information est prise au sérieux et a une petite pointe de sensationnel, d’autres bloggueurs et d’autres journalistes vont à leur tour diffuser cette même information en changeant la forme, histoire de faire croire qu’on s’est renseigné et qu’on a nos propres « sources sûres ». Ensuite, quelqu’un qui se posera la question de la véracité de cette information fera une recherche sur Google. Résultat : des centaines de journaux, de blogs et autres fontaines d’information répéteront la même chose… et si tout le monde le dit, sous des formes un peu différentes et grâce à des sources différentes, c’est que l’information doit être vraie!
Tout ça grâce à un seul petit indicateur malveillant…
Vous trouvez que je délire? Connaissez-vous l’Ecole de Guerre Economique? Non ce n’est pas une organisation secrète issue d’un cerveau dérangé, ni un boot camp de la CIA caché dans les montagnes de l’Himalaya. C’est une école d’élite située à Paris qui a compris depuis longtemps que la guerre ne se fait pas uniquement à coups de bombes et de mous-du-bulbe armés jusqu’aux dents. Désinformation, manoeuvres boursières, provocations de crises, manipulations des médias, intoxication de forums web, dévaluations artificielles de monnaies étrangères… toutes ces méthodes sont étudiées, analysées et sûrement mises en pratique par l’élite des étudiants qui sortent de cette école. Choquant? Pas vraiment… à moins que vous croyiez jusqu’alors que vous viviez au pays des merveilles. Ces gens-là ont au moins l’honnêteté d’en parler clairement et même de communiquer là-dessus.
Evidemment, peu de gens s’attardent sur ce genre d’informations un peu indigeste. Mais pour vous prouver que ce que je dis n’est pas une théorie fumeuse, je vous propose de consulter ce rapport parlementaire rédigé par l’Ecole de Guerre Economique.
Une fois que vous l’aurez lu, vous vous rendrez compte que vous êtes tous des acteurs potentiels d’une nouvelle forme de guerre qui passe par l’utilisation des moyens de communication modernes pour faire passer des idées qui n’ont rien de neuf et manipuler l’opinion publique pour faire passer de façon plus douce certaines décisions politiques que l’on pourrait contester sans cette intoxication médiatique.
Pour terminer, je dirais que vous ne devez pas tourner le dos à l’information, loin de là, mais vous devez garder un esprit critique et alerte : même Le Monde ou le Wall Street Journal Europe ne sont pas à l’abri d’une intoxication… L’affaire Cyxymu est peut-être vraie, mais peut-être ne l’est-elle pas… la planète tourne à 100 à l’heure et la propre vigilance des journaux peut être malmenée à cause de cette trop grande hâte à publier… Restez critiques.

Photo d’illustration : Eric Deschamps
Une fois n’est pas coutume, un vent de légèreté vient souffler les vastes plaines de ce blog et je tenais à partager avec vous un petit délire que j’ai trouvé sur internet. Fan de Star Wars je suis et pleinement cette déviance j’assume.
Ainsi je partage avec vous cette vidéo d’un Star Wars Weekend qui se déroule à Disney World en Floride.
Alors voilà! C’est « Kadô »! Spéciale dédicace aux fans d’Mc Hammer et de Star Wars (drôle de mix je vous le concède)!
La vidéo qui suit, vous montre à la minute 4′10 », un autre angle de la même scène. ^^
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Moi qui croyais avoir tout vu… :-p
Allez! A plous et que la Force soit avec vous!